À l’heure où s’accélèrent le rythme et l’intensité des catastrophes climatiques (feux, inondations, érosion côtière, etc.), où des populations sont régulièrement déplacées et où l’avenir de plusieurs villages ou secteurs est menacé, il apparaît plus que jamais essentiel de mieux comprendre les facteurs et les scénarios d’abandon ainsi que les dynamiques et les tensions qu’ils suscitent au sein des communautés, entre mémoires, identités et effacement.
Cette journée d’étude propose de réfléchir aux facteurs et conditions qui, depuis le 16e siècle, ont mené à la disparition d’établissements permanents (ou saisonniers) aux abords de territoires maritimes de l’est canadien : le Québec, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador. Ces territoires, interconnectés par l’espace atlantique et l’axe laurentien, ont été convoités et exploités par divers groupes ethnoculturels. Ils ont connu au fil du temps d’importants mouvements migratoires et avec eux, des cycles successifs d’installations et d’abandons. Sur ce plan, ils constituent un terreau fertile pour examiner plus attentivement les scénarios d’abandon et/ou d’effacement, et les questionnements qui en découlent. Entre l’effacement complet de marqueurs dans le paysage et les initiatives de mise en valeur se déploie une gamme de nuances qui témoignent de l’empreinte laissée par les villages disparus. Quels facteurs conduisent une population à délaisser un site définitivement ? Quels en sont les processus, les étapes ? Quelles traces ces disparitions laissent-elles dans la mémoire collective et de quelle manière ont-elles contribué (ou non) à la construction identitaire des communautés ? Peut-on caractériser les villages disparus et si oui, selon quels critères ?
Ces réflexions sont au cœur des trois axes proposés. Le premier invite à (1) documenter à partir d’un ou de plusieurs cas d’étude des scénarios d’abandon passé ou actuel. Il pourra s’intéresser autant aux acteurs impliqués qu’aux facteurs et contextes qui conduisent à l’abandon ou la fermeture. Cet axe permettra aussi de mieux apprécier l’évolution des paysages culturels de l’est canadien depuis la période de contact et de présenter un nouvel angle pour suivre les mouvements migratoires et appréhender la richesse multiculturelle au fondement des sociétés maritimes. Le second axe vise à (2) caractériser les relations entre l’effacement et/ou l’abandon et la construction des identités. À cet égard, la présence ou l’absence de vestiges, de discours et de dispositifs de mise en valeur (panneaux d’interprétation, reconstitutions, circuits pédestres, etc.) seront des indicateurs précieux pour comprendre la manière dont s’est constitué, transmis ou éteint le sentiment identitaire rattachées aux villages disparus. Ralliant ces deux premiers axes, un troisième propose de (3) réfléchir à des outils de caractérisation et de gestion adaptés. Ces outils, qui peuvent revêtir différentes formes (grilles de classification ou de caractérisation, cartes interactives, critères d’évaluation, plans de mise en valeur, etc.), invitent à se projeter plus avant dans l’avenir. Ils seront susceptibles de bénéficier aux scientifiques, mais aussi aux organismes publics et décideurs qui doivent envisager des fermetures à venir ou qui travaillent à des stratégies de mise en valeur.
Les propositions de communication (250 mots) et la notice biobibliographique (125 mots) devront être envoyées au plus tard le 16 janvier 2026 à l’adresse : archipel@uqar.ca
Cette journée d’étude conduira à la publication d’un dossier thématique qui paraîtra en français dans la revue L’Estuaire et en anglais dans la Newfoundland and Labrador Studies. Chaque article devra comporter entre 7500 et 12 000 mots, être accompagné d’un résumé (150-200 mots) et respecter l’un ou l’autre des protocoles de revue.
Les articles devront être soumis à l’une ou l’autre des revues au plus tard le 12 juin 2026.
