Front Matter - Editorial / Éditorial -

Front Matter
Editorial / Éditorial

Gerald Pocius
Rédacteur en chef

Nouveau nom, nouveau domicile, nouvelles orientations

1 Dans la vie d’une revue, certaines circonstances peuvent mener à des réajustements majeurs dans la direction de la publication ; c’est un événement de ce genre que souligne ce numéro. Revue d’histoire de la culture matérielle est maintenant Revue de la culture matérielle, avec une nouvelle domiciliation à l’Université de Cap Breton et un Comité éditorial et de conseil renouvelés. Le point où nous en sommes à présent et la direction que nous espérons prendre peuvent être mieux compris en passant en revue ce que nous avons accompli pendant les années précédentes.

2 Au cours des années 1970, les historiens canadiens ont découvert l’artefact en tant que nouvelle source passionnante pour l’étude du passé, source que d’autres disciplines utilisaient depuis longtemps. Les archéologues avaient leurs revues vouées à l’analyse des artefacts. Les anthropologues et ethnologues écrivaient au sujet des Premières Nations et parmi leurs intérêts se trouvait parfois le monde matériel. Tandis que de nombreuses disciplines incluaient déjà la preuve matérielle à part entière dans leur méthodologie, les historiens réalisaient que l’étude spécialisée que requéraient les artefacts ne pouvait s’insérer confortablement dans les revues d’histoire établies.

3 Ces historiens, travaillant au sein des communautés de chercheurs des musées, se sont tournés vers Ottawa pour demander assistance, à leur tête se trouvant les chercheurs du Musée national de l’Homme (plus tard rebaptisé Musée canadien des civilisations). Le Musée national de l’Homme s’impliquait déjà depuis longtemps dans la recherche sur les objets à travers son travail en archéologie, en ce qui concernait les artefacts ethnographiques des Premières Nations et dans les collections relatives au passé européen. Le Musée de l’Homme avait aussi, à l’intérieur de chacune de ses divisions, un programme de publications bien établi, la Collection Mercure, dont le nom fut choisi en raison de la rapidité de parution (bien qu’elles aient respecté les normes minimales de production) des monographies publiées. Les divisions d’histoire, d’ethnologie, d’archéologie et de culture populaire avaient chacune leur Collection Mercure, composée d’ordinaire de monographies sur des sujets spécifiques.

4 En novembre 1975, un groupe de conservateurs, historiens et chercheurs des musées canadiens et de ce qui s’appelait alors les Parcs et sites historiques nationaux, se rencontrèrent pour un forum spécial au Musée national de l’Homme à Ottawa. À l’issue de ces discussions, la Division d’histoire fut d’accord pour que l’on emploie la Collection Mercure comme vecteur pour de nouvelles publications sur les artefacts. À l’origine, deux numéros furent publiés sous l’en-tête de la Collection Mercure et de ses monographies se succédant sans interruption : le Papier 15 (1976) et le Papier 21 (1977). Tous deux étaient des recueils d’articles soumis.

5 L’introduction de ce premier numéro du Bulletin d’histoire de la culture matérielle (Papier 15) commençait par constater que le rythme de la recherche dans les musées canadiens d’histoire ne pouvait rattraper la gigantesque expansion des collections1. Plus loin dans cette introduction, les rédacteurs établissaient la liste d’un certain nombre de raisons pour lesquelles la recherche en histoire matérielle était importante, raisons parmi lesquelles se trouvait « le développement rationnel des collections autant que des expositions de grande portée »2. Plus loin, « la vérification et l’enregistrement de la provenance, qui accroissent la valeur des objets de nombre de manières, est une tâche pour laquelle les sites historiques et les musées sont bien outillés »3. Enfin, en conclusion : « Par dessus tout, nous sentions que les musées et les sites historiques avaient la responsabilité de se placer à l’avant-garde de la recherche en histoire matérielle. À l’exception de quelques universités au Québec, il est peu probable que la communauté universitaire prête attention à l’histoire matérielle... »4. Le Bulletin d’histoire de la culture matérielle fut donc la création d’historiens travaillant dans la communauté muséale5 et son programme fut mis en forme par ceux qui travaillaient dans les musées.

6 Barbara Riley, à la division d’histoire du Musée national, fut le pilote de cette revue émergente, en tant que co-rédactrice, de pair avec Robb Watt du Centennial Museum de Vancouver. Le second numéro du Bulletin d’histoire de la culture matérielle parut en tant que Papier 22 de la Division historique au début de 1977. Il fallut peu de temps ensuite pour que le Bulletin d’histoire de la culture matérielle soit finalement publié, non en tant que monographie de la Division historique, mais en tant que revue à part entière. Le Bulletin d’histoire de la culture matérielle 3 parut au printemps de 1977, sous la forme d’un premier numéro autonome.

7 L’événement qui conféra une plus grande visibilité à la revue fut le symposium de la Division historique du Musée national en 1979, organisé par Barbara Riley et d’autres membres du personnel. Cette rencontre rassembla des universitaires du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni et de France pour témoigner de ce qui se passait dans le domaine de la recherche sur les artefacts à ce moment et pour déterminer les orientations à prendre. Ce symposium se plaçait essentiellement dans le champ disciplinaire de l’histoire, avec çà et là quelques géographes, folkloristes et historiens de l’art éparpillés. Ce groupe identifia un thème de recherche grandement négligé au Canada : le passé matériel des gens ordinaires d’origine européenne. Après cette réunion, les articles du « Forum d’histoire matérielle du Canada » furent rassemblés et parurent sous la forme du Bulletin d’histoire de la culture matérielle. Tandis que ceci se passait à la fin des années 1970 au Canada, il se produisait un mouvement semblable de découverte du passé matériel des gens ordinaires aux États-Unis. Là, la popularité de la recherche en culture matérielle eut un impact dominant sur des disciplines telles que les études américaines, l’archéologie historique, l’ethnologie, les arts décoratifs, voire la direction de musées tels que celui de Winterthur.

8 Au Canada, le débat s’installa rapidement dans la question de savoir comment nommer cette nouvelle orientation. Puisque la force motrice derrière l’intérêt pour ce nouveau champ était constituée principalement d’historiens, et puisque le support institutionnel pour la nouvelle publication provenait essentiellement des musées d’histoire, il ne faisait aucun doute que cette tentative intellectuelle devait s’appeler « histoire matérielle ». De fait, à l’époque, l’un des principaux tenants de ce champ soutenait que les Canadiens ne devaient pas se laisser submerger par le problème auquel les Américains étaient confrontés en utilisant le terme « culture ». Le terme de culture était très discuté et souvent mal défini et, par conséquent, devait être évité. À sa place, on lui préférait le terme « histoire » et l’étude du passé au moyen des objets serait donc connue sous le nom d’histoire matérielle. Et puisque seuls des historiens professionnels étaient correctement formés pour se pencher sur le passé, seuls des historiens pouvaient adéquatement étudier l’histoire matérielle6.

9 C’est ainsi que naquit le Material History Bulletin - Bulletin d’histoire de la culture matérielle, essentiellement une création d’historiens, la plupart travaillant dans un contexte muséal. Ses membres fondateurs étaient convaincus que la revue encouragerait l’incorporation d’artefacts dans l’historiographie générale autant qu’un usage plus sophistiqué de la preuve matérielle dans les musées. Il était évident que la direction intellectuelle de la revue allait être déterminée par le monde des musées rien qu’en regardant la composition du Comité conseil de ses premiers membres : dix membres affiliés à des musées canadiens et un chercheur privé. C’est la communauté muséale canadienne qui solliciterait le contenu des numéros à venir et qui déterminerait les orientations éditoriales.

10 Ce noyau de supporters initial, la plupart se trouvant à la Division d’histoire de ce qui s’appelait désormais le Musée canadien des civilisations (MCC), serait graduellement remplacé par de nouveaux universitaires, mais c’était toujours avec le soutien de la Division d’histoire que la revue continuait d’être publiée. Cependant, les généreux programmes de soutien des années 1980 des institutions fédérales firent progressivement place à des restrictions fiscales, et le Bulletin fut l’une des nombreuses revues qui en furent affectées. Le MCC décida de réduire l’échelle de plusieurs de ses programmes de publication, arguant du fait qu’il était un musée, pas un éditeur. Ceux qui se trouvaient à l’intérieur du MCC cherchèrent donc un support additionnel à l’extérieur de l’institution. Ce nouveau partenaire serait le Musée national des Sciences et de la Technologie (MNST) et les numéros 23 (Printemps 1986) à 30 (Automne 1989) marquèrent la période de coproduction de la revue par les deux institutions. Les deux directeurs de musée notèrent que cet arrangement avait été fait « en reconnaissance de l’engagement de nos deux institutions envers la recherche universitaire, les collections et la diffusion de notre mandat commun en ce qui concerne la culture matérielle au Canada »7. Peu de temps après, Barbara Riley, la force motrice du Bulletin d’histoire de la culture matérielle quitta le MCC, un nouveau rédacteur fut choisi et le bureau éditorial fut « revampé ».

11 Dans un article rédigé en 1986, je discutais de la situation de la recherche en culture matérielle au Canada et aux États-Unis8. Je soutenais qu’au Canada, le rôle de leader dans les études de culture matérielle reviendrait à la communauté muséale. Cela différait de ce qui se passait aux États-Unis où c’étaient les universités qui se trouvaient au premier plan de ce champ disciplinaire. Cette estimation que je faisais à l’époque se basait largement sur les travaux d’institutions telles que le MCC et le MNST, qui avaient organisé des conférences et promu des publications relatives à la culture matérielle. Mes commentaires étaient ironiques cependant, car il y avait peu de représentants de la communauté muséale canadienne à la conférence de 1986 où je prononçai cette communication. Le public était largement composé de gens associés aux universités et personne n’y représentait le Comité éditorial ou le Comité conseil du Bulletin d’histoire de la culture matérielle. Cela laissait augurer de l’avenir ; je n’avais pas encore réalisé que la situation au Canada était déjà différente de ce que je soutenais qu’elle était dans mon article.

12 À partir du numéro 31 (Printemps 1990), le Bulletin d’histoire de la culture matérielle fut placé sous la seule responsabilité du Musée national des sciences et de la technologie. Nul commentaire dans la revue n’expliquait la cessation de l’arrangement de copublication, mais il était visible que le Musée canadien des civilisations lui avait retiré tout appui. Geoff Rider du MNST se porta à la rescousse de la revue, prenant le rôle de rédacteur en chef. L’équipe de production serait menée par Rider et le journal publié sur place grâce aux bonnes volontés locales de rédacteurs et de traducteurs variés. Ainsi la revue resta-t-elle dans le monde institutionnel des musées canadiens, dans un nouveau foyer qui lui apporterait dans les années suivantes un contenu légèrement plus axé sur la technologie. C’est grandement grâce aux efforts de Geoff Rider que la revue survécut.

13 Ceux qui étaient à présent en charge de la revue réalisèrent que l’usage du terme « bulletin » était quelque peu inapproprié, les périodiques que l’on appelle « bulletins » étant généralement synonymes de « lettres » ou de « communiqués », remplis de courtes annonces ou nouvelles plutôt que d’articles analytiques substantiels. En conséquence, un an plus tard le nom de « Bulletin » fut remplacé par celui de « Revue » (avec le numéro 33, Printemps 1991), signalant au lecteur non familier qu’il s’agissait d’un journal académique sérieux. Cela allait de pair, également, avec l’espoir que le nouveau nom attirerait davantage de soumissions. Le nouveau rédacteur, Peter Rider, de la Division d’histoire du MCC, remarqua que des changements s’étaient produits dans la production, et que le nouveau nom avait représenté une évolution de la revue qui impliquait aussi son contenu. Rider signala également que la revue élargirait le nombre de disciplines se rapportant à ce qu’elle publiait dans ses pages pour inclure l’histoire de l’art, l’histoire de l’architecture, l’ethnologie et la géographie historique9. Il était clair que la revue s’avançait audelà de ses premières origines muséales. Et en effet, des quatorze membres du comité de la revue, six étaient à présent affiliés à des institutions d’enseignement post-secondaire.

14 Quand je pris la charge de rédacteur en 1997 (avec le numéro 45), je devins la première personne pour qui ce poste n’était plus affilié à un musée, mais au lieu de cela basé dans une université. Je ne réalisai pas à l’époque que ce changement était l’indicateur de l’évolution graduelle des études canadiennes en culture matérielle, d’une base muséale à un foyer à l’intérieur de l’université (situation que j’avais signalée auparavant comme étant caractéristique des États-Unis). Le nouveau Comité conseil que je constituai en 1997 incluait des représentants du monde muséal, mais également des collègues universitaires qui travaillaient dans le domaine de la culture matérielle.

15 Le monde muséal qui avait nourri le Bulletin d’histoire de la culture matérielle était confronté, de manière générale, à davantage encore de pressions financières. La plupart des programmes du secteur public fédéral qui avaient proliféré durant l’ère Trudeau cédèrent la place à des restrictions fiscales, des restructurations, des coupures budgétaires et à une économie où le profit net était devenu d’importance primordiale. Les musées nationaux furent soumis à une pression les contraignant à couper encore dans les programmes qui n’étaient pas considérés comme essentiels à leurs missions institutionnelles. Au Musée canadien des sciences et de la technologie (MCST)— nouveau nom, attribué en 2000, du Musée national des sciences et de la technologie—la revue était considérée par certains comme n’étant pas l’endroit où l’institution devrait dépenser ses ressources de plus en plus limitées. Vers 2000, il devint évident pour le Comité éditorial de la Revue d’histoire de la culture matérielle que le soutien financier du MCST pourrait bien ne pas se prolonger ; ou plutôt, qu’il ne le pourrait effectivement pas. Les options possibles pour l’avenir devinrent un sujet de discussion lors de nos réunions annuelles.

16 Il fut finalement prononcé que le numéro 62 serait le dernier à être produit par le MCST, et que la revue devait se chercher un nouveau foyer. De nombreux courriels de supporters de la revue, d’anciens membres du Comité et d’universitaires intéressés l’orientèrent en fin de compte vers l’Université du Cap Breton, Richard MacKinnon et la Chaire de recherche du Canada que détenait celui-ci. À la suite d’une série de discussions avec les représentants de l’Université de Cap Breton, MacKinnon eut la conviction que son institution pourrait produire la revue. Un plan de transition fut établi pour que le numéro 63 soit le premier à paraître sous cette nouvelle égide institutionnelle. Richard MacKinnon endosserait le rôle de rédacteur en chef, avec Marie MacSween comme adjointe de rédaction.

17 Le transfert du Musée canadien des sciences et de la technologie à l’Université du Cap Breton représente un engagement considérable de la part de cette dernière institution pour apporter son soutien à la principale revue de recherche en culture matérielle au Canada. Cet engagement fait que notre publication continuera d’être un vecteur ininterrompu de l’échange d’idées et de méthodologies dans les recherches en cours. Cette nouvelle base institutionnelle confirme le mouvement des études canadiennes en culture matérielle, du musée au monde de l’université. Ceci dit, le défi, pour l’université, est d’assurer que les questions muséales continueront d’être débattues dans les pages de la revue. En fait, nous sommes conscients que l’avenir de la revue réside en grande partie dans le fait qu’elle puisse fournir un canal de publication à l’importante recherche qui ne doit pas cesser d’impliquer les institutions de notre secteur public—les musées, les sites historiques, les musées des beaux-arts, les centres d’interprétation du patrimoine.

18 Le passage à une nouvelle domiciliation institutionnelle nous a donné à tous l’opportunité de réfléchir à des questions intellectuelles dépassant largement celle du simple financement. Après de nombreux échanges, nous, au Comité de rédaction, sommes convenus qu’un changement de nom pour la revue serait approprié. En dépit des arguments qui avaient cours au moment de la fondation de la revue contre l’usage du terme « culture matérielle », même les historiens aujourd’hui reconnaissent et utilisent ce terme. Peu importe la discipline, les chercheurs sont tombés d’accord pour que le terme « culture matérielle » recouvre le type d’études que publie la revue, et nous pensons qu’il est temps à présent que le nom de la revue reflète ce fait.

19 Le nouveau nom et la nouvelle domiciliation de notre revue réfléchissent donc les changements intellectuels survenus dans notre étude des artefacts dans le contexte canadien. Cette étude a commencé sous la conduite des historiens, puis s’est progressivement élargie de manière à inclure des universitaires des domaines de l’ethnologie, de l’histoire de l’art, de la géographie et de l’histoire de l’architecture. À l’origine, les historiens avaient plaidé pour l’incorporation de l’artefact en tant que source première pour comprendre le passé. Malheureusement, à l’heure actuelle, cette promesse n’a pas encore été tenue. J’aimerais pouvoir dire que la formation des historiens professionnels comporte maintenant autant d’attention méthodologique aux artefacts qu’aux archives, mais je crois que ce n’est pas encore le cas.

20 Le changement de nom, de « histoire matérielle » à « culture matérielle », ne signifie pas que nous ne portions plus attention à l’étude du passé. Au contraire, nous continuons à rechercher les sujets qui tentent de nous fournir des aperçus de passés négligés ou incompris car ils n’ont été étudiés que sur une base documentaire. Mais l’utilisation du terme « culture matérielle » indique que nos intérêts s’étendent à présent aussi à l’étude du contemporain autant que de l’historique. Les universitaires spécialisés en culture matérielle sont souvent autant des ethnographes que des chercheurs en archives, les entrevues et l’observation participante constituant des méthodes supplémentaires de cueillette de données.

21 C’est ainsi que ce numéro de la Revue de culture matérielle rassemble une collection d’articles divers—historiques et ethnographiques— indiquant où nous en sommes à présent. Caroline Mercier retrace l’origine du motif bien connu des mains jointes avec cœur, utilisé sur des artefacts populaires, y compris des bijoux. Elle décrit ses origines dans le vieux monde et quelques-uns de ses usages aux XVIIe et XVIIIe siècles en Amérique du Nord. En ce qui concerne le passé plus récent, le rapport de recherche de Bill Manning définit les différents niveaux de messages délivrés par les uniformes de la collection du Musée canadien de l’aviation, messages souvent subtils, mais importants. L’étude de Louise Saint-Pierre sur les schémas contemporains d’alimentation fournit un aperçu des types de choix que nous faisons lorsque nous nous trouvons confrontés à des nourritures modifiées par les avancées de la science et de la technologie. Enfin, Tom Urbaniak réfléchit au rapport qu’entretient la société contemporaine avec le passé, indiquant que les gens d’aujourd’hui se réapproprient l’intérêt des universitaires pour la culture matérielle.

22 La nouvelle domiciliation de la Revue de culture matérielle, affiliée à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine immatériel de Richard MacKinnon à l’Université du Cap Breton, traduit à quel point les objets et les idées sont inséparables, la connaissance et les artefacts, le tangible et l’intangible. Et notre nouveau nom établit clairement, que nous étudiions le passé ou le présent, que notre intérêt est d’étudier la culture. La place centrale du concept de culture dans la recherche sur les artefacts a depuis longtemps accordé les universitaires sur ce que nous faisons10. Les objets restent un moyen en vue d’une fin, cette fin étant la compréhension des gens et du rôle des objets dans la vie quotidienne. La documentation et l’identification méticuleuses des objets sont de premières étapes importantes dans la compréhension du monde des artefacts. Et la Revue de culture matérielle continuera à publier de tels rapports. Mais notre revue encouragera ces études qui élucident le sens derrière les choses, choses utilisées dans le passé ou dans le présent. Nous documentons soigneusement les artefacts que nous voyons autour de nous et, ce faisant, notre but est de comprendre les gens qui fabriquent, achètent ou utilisent ces objets. Le temps et le lieu expliquent les comportements matériels et les raisons pour lesquelles des individus particuliers agissent de manière spécifique au moyen des objets. À travers ces études que nous publions, notre intention est donc de nous rendre plus visibles les connexions entre les pensées et les choses.

Notes

1 Voir Robb Watt et Barbara Riley, « Introduction », Bulletin d’histoire matérielle, Division d’histoire, Papier 15 (1976) : 1-6.

2 Ibid.

3 Ibid., 4.

4 Ibid., 5-6.

5 Watt et Riley, « Material History Bulletin », Bulletin d’histoire matérielle, Division d’histoire, Papier 21 (1977) : ii-iii.

6 Gregg Finley, « Material History and Museums. A Curatorial Perspective in Doctoral Research », Bulletin d’histoire matérielle 20 (Automne 1984) : 75-79.

7 George F. MacDonald et J.W. McGowan, « A New Bulletin/Un nouveau Bulletin », Material History Bulletin 25 (Printemps 1987) : iii.

8 Gerald L. Pocius, « Researching Artifacts in Canada. Institutional Power and Levels of Dialogue », dans Living in a Material World. Canadian and American Approaches to Material Culture, Social and Economic Papers 19 (St. John’s : Institute of Social and Economic Research, Memorial University of Newfoundland, 1991), 241-52.

9 Peter Rider, « Ongoing Changes to Material History Review/Nouvelle orientation de la Revue d’histoire de la culture matérielle », Revue d’histoire de la culture matérielle 33 (Printemps 1991) : 67-68.

10 Jules David Prown, « Mind in Matter. An Introduction to Material Culture Theory and Method », Winterthur Portfolio 17, no.1 (Printemps 1982) : 1-19.