Front Matter - Editorial / Éditorial

Front Matter

Editorial / Éditorial

1 The articles and research reports in this special Public History issue of Material History Review speak for themselves in a variety of ways to the readers of this journal and indirectly to the public. The range of topics, places, issues and themes provides once again evidence of the depth and diversity of recent work in the fields of material and public history scholarship and a testimony to the fundamentally intellectual nature of this form of inquiry. The articles and reports investigate the complexities of meaning, how this changes from collection to collection and from place to place, how culture and political ideology can shape perception and how what something means in one era can change dramatically in another. Insights that are abstract add to our understanding of the material world and enhance our capacity to explain collections and ideas to the public.

2 Material History scholarship in many disciplines over recent decades has progressed beyond description to analysis and interpretation. From the elitist and bourgeois museology of the late nineteenth century the museum community and its public have come to expect the study and the story of the commonplace as well as the rare and to move beyond the pervasive influence of political and military elites to a more inclusive social history. Just as importantly, the academic and museum community of scholars, observers and commentators have progressed from the arrogance and subjectivity of pronouncing and imposing meanings to a more questioning form of inquiry and interpretation. The result in many countries has been the increasing popularity and educational influence of museums, historic sites, art galleries and interpretation centres.

3 This issue seeks to continue that process of inquiry and dialogue. Why do we commemorate places such as Louisbourg, and how does this compare to the official efforts to interpret the French in Grand-Pré or Quebec? What do we know about the ethno-history of the Basques on the St Lawrence River? How does the public react to controversial exhibitions such as the Enola Gay at the Smithsonian or the Holocaust Museum in Washington? Should archaeologists collaborate with oral historians and apply their methods? Are we ready to interpret the lives and properties of women in places like Devon, England, or anywhere else? Does it really matter whether the car belonged to Hitler or Goering? Are these museum issues or public issues? The authors in this issue of MHR are not just presenting official versions of history. All are aware that we are free to construct our own versions of reality, just as the public are free to develop their own personal interpretations of what they read, see and hear. It is my hope that you are left with more questions after reading the articles and reports than you had before and that this special issue encourages you to serve the public in this important process of informed interpretation.

Terry MacLean,
Guest Editor

4 Les articles et rapports de recherche de ce numéro spécial de la Revue d'histoire de la culture matérielle sur l'histoire appliquée parlent d'eux-mêmes de différentes façons aux lecteurs et, indirectement, au public. La gamme de sujets, de lieux, de questions et de thèmes fait encore la preuve de la profondeur et de la diversité des récents travaux de recherche en histoire de la culture matérielle et en histoire appliquée, et témoigne de la nature fondamentalement intellectuelle de cette forme d'investigation. Les articles et rapports examinent les complexités de la signification, et la façon dont celle-ci change d'une collection à l'autre et d'un lieu à l'autre, dont la culture et l'idéologie politique peuvent modeler la perception et dont la signification d'une chose à une époque peut changer énormément à une autre. Les notions abstraites ajoutent à notre compréhension du monde matériel et améliorent notre capacité d'expliquer les collections et les idées au public.

5 La recherche sur l'histoire de la culture matérielle dans diverses disciplines a progressé de façon indescriptible vers l'analyse et l'interprétation ces dernières décennies. Partis de la muséologie élitiste et bourgeoise de la fin du XIXe siècle, la communauté muséale et son public en sont venus à s'attendre à l'étude et au récit de ce qui est banal comme de ce qui est rare et à aller au-delà de l'influence envahissante de l'élite politique et militaire, pour parvenir à une histoire sociale plus universelle. Et, ce qui est aussi important, la communauté universitaire et muséale de chercheurs, d'observateurs et de commentateurs est passée de l'arrogance et de la subjectivité qui lui faisaient énoncer et imposer des significations à une forme d'investigation et d'interprétation qui soulève plus de questions. Dans de nombreux pays, ce changement se reflète dans la popularité croissante et l'influence formatrice des musées, sites historiques, galeries d'art et centres d'interprétation.

6 Ce numéro vise à poursuivre ce processus d'investigation et de dialogue. Pourquoi perpétuons-nous le souvenir de lieux comme Louisbourg et comment cela se compare-t-il aux efforts officiels d'interprétation des Français de Grand-Pré ou de Québec ? Que connaissons nous de l'ethnohistoire des Basques et du fleuve Saint-Laurent ? Comment le public réagit-il à des expositions controversées du genre de celle sur l'Enola Gay au Smithsonian ou du musée de l'Holocauste à Washington ? Les archéologues devraient-ils collaborer avec les spécialistes de l'histoire orale et utiliser leurs méthodes ? Sommes-nous prêts à interpréter les vies et les biens des femmes du Devon, en Angleterre, ou d'ailleurs ? Est-il vraiment important de savoir si une automobile appartenait à Hitler ou à Goering ? Ces questions sont-elles d'intérêt muséal ou public ? Les auteurs de ce numéro ne se contentent pas de présenter des versions officielles de l'histoire. Tous sont conscients que nous sommes libres de bâtir nos versions de la réalité, comme le public est libre de concevoir ses interprétations personnelles de ce qu'il lit, voit et entend. J'espère que la lecture de ces articles et rapports soulèvera plus de questions que vous n'en aviez au départ et que ce numéro spécial vous encouragera à servir le public dans l'important processus de l'interprétation éclairée.

Terry MacLean,
rédacteur invité