Articles - Introduction

Articles

Introduction

Neil V. Rosenburg
Memorial University
Shane O'Dea
Memorial University

Abstract

Most research dealing with aspects of Atlantic Canada interiors has been largely concerned with documenting artifacts but little attention has been paid to the relationship between object form and spatial context so that studies commenting on room usages are often more social than artifact histories. This paper proposes that future research must deal with house interiors as artifact systems which serve as metaphors for behavior deemed culturally appropriate.

Résumé

Jusqu'à présent, les chercheurs se sont surtout attachés, dans leurs travaux sur les intérieurs domestiques dans les provinces de l'Atlantique, à faire des recherches sur les artefacts et se sont peu intéressés aux relations entre la forme de l'objet et le contexte spatial, de sorte que les études sur l'utilisation des pièces de la maison sont plus de l'histoire sociale que de l'histoire des objets eux-mêmes. L'auteur de cette communication est d'avis que la recherche future devra traiter les intérieurs des maisons comme des ensembles d'artefacts symbolisant un comportement considéré comme acceptable sur le plan culturel.

1 Les communications publiées dans ce numéro spécial furent présentées lors d'un colloque de l'Atlantic Canada Institute à Saint-Jean (Terre-Neuve), en septembre 1981. Cette manifestation n'aurait pu être organisée sans l'aide généreuse du Conseil de recherches en sciences humaines et des Musées nationaux du Canada; nous souhaitons donc exprimer toute notre gratitude à ces deux organismes.

2 C'était là le second colloque de l'Atlantic Canada Institute. Le premier, qui avait trait à la littérature des provinces de l'Atlantique, a eu lieu en 1976 au campus Saint-Jean de l'Université du Nouveau-Brunswick, et les communications ont été publiées sous le titre Atlantic Provinces Colloquium Papers!Communications du colloque sur la littérature des provinces Atlantiques (Kenneth Mackinnon, édit., Halifax: Atlantic Canada Institute, 1977). Dans son introduction à ce volume, le premier de la série Marco Polo Papers publiée par l'Institute (le présent ouvrage en est le second), William Prouty soulignait que «l'Atlantic Canada Institute a pour principal objectif de stimuler l'intérêt pour la riche diversité culturelle des provinces Atlantiques» (p.ⅸ). L'Institut réalise ce programme par ses sessions d'été annuelles, qui offrent des cours non crédités sur plusieurs sujets régionaux, donnés par des spécialistes reconnus (certains d'entre eux ont collaboré à la présente publication) et s'adressant au grand public aussi bien qu'à ceux que le domaine intéresse particulièrement. En outre, il organise de temps à autre des activités spéciales, comme ce colloque, afin de mettre l'accent sur la recherche relative à un sujet jusque-là négligé dans la région.

3 Le choix du thème du colloque vient de ce qu'on s'est rendu compte que beaucoup d'universitaires, de muséologues, de collectionneurs, d'antiquaires et de folkloristes étudiaient les habitations des provinces Atlantiques depuis plus d'une douzaine d'années, mais sans jamais avoir eu l'occasion de situer leurs travaux dans le contexte de la maison dans son ensemble ni dans celui de la région. Les participants ne se sont pas attardés à l'architecture, mais plutôt aux espaces intérieurs ainsi qu'aux objets et aux activités qui y sont associés. On a estimé en effet que l'architecture — l'extérieur des bâtiments — recevait suffisamment d'attention dans la région, et que par contre on ne s'intéressait pas assez à l'intérieur, à la fois comme sujet d'étude et comme aspect culturel à préserver. C'est lorsque l'on considère le rôle des intérieurs et des extérieurs comme éléments de la culture matérielle que l'on voit cette importante distinction: l'extérieur de nos bâtiments est ce que nous voulons montrer de nous-mêmes — c'est notre façade — alors que l'intérieur correspond à ce que nous sommes. Cela est vrai en ce sens que l'extérieur a généralement une certaine unité, alors que l'intérieur comprend une grande variété d'objets. C'est d'ailleurs cette caractéristique qui rend ce dernier champ d'étude particulièrement utile à la compréhension des aspects humains d'une culture nationale.

4 Ce fait n'explique pas seulement le choix du sujet, mais aussi pourquoi le colloque offre une telle diversité. Diver-sité souhaitable pour donner enfin à des chercheurs, qui se rencontrent rarement pour partager leurs découvertes, l'occasion de mettre en commun leurs connaissances et leurs méthodes. La relation entre culture matérielle et coutume populaire fournit un exemple de cette nécessaire interaction. Le chercheur en culture matérielle s'intéresse à la fonction d'une pièce en vue de déterminer son rôle par rapport à l'ensemble du bâtiment; son travail s'arrête une fois définie cette fonction première. D'ordinaire, il n'examine donc pas le sens et l'emploi de l'espace à l'intérieur de la pièce, ni les fonctions secondaires de celle-ci. La communication de Wilfred Wareham (sur les «times») et celle de Gary Butler (sur les veillées funèbres) montrent comment la cuisine pouvait être autre chose que la pièce où l'on faisait cuire les aliments et pourquoi le salon avait souvent un aspect rébarbatif. La distinction se fait ici, en partie, entre l'utilisation quotidienne — fonction première — et l'utilisation saisonnière ou extraordinaire — fonction accessoire. D'autres aspects sociaux sont abordés dans la communication de Linda Dale sur le rôle de la femme dans la maison terreneuvienne. Dans sa communication sur le foyer et sur les techniques de cuisson et de chauffage, Shane O'Dea expose le lien direct entre la forme et la fonction d'une pièce, déterminé par l'évolution technique. Gerald Pocius, dans «Rooms, Objects and Meaning in the Atlantic Canada Home», met en relation les notions d'objet, d'espace et de fonction pour traiter de façon globale le sujet du colloque.

5 Les communications sur l'ameublement portent sur tout l'éventail des objets produits dans la région, du style local au style populaire, des pièces fabriquées à la maison aux meubles sortis des ateliers ou des usines. En guise d'introduction, Donald Webster passe en revue les provinces de l'Atlantique et expose les conditions qui ont favorisé la fabrication de tel ou tel genre de meubles. Viennent ensuite des articles ayant trait spécifiquement à des fabricants de meubles d'une certaine importance dans leur province. Tim Dilworth donne de nombreux détails sur la carrière de Thomas Nisbet, et apporte des distinctions entre sa production et celle d'autres Nisbet plus célèbres de Fredericton. Irene Rogers étudie le travail de Mark Butcher, de Charlottetown, par rapport à celui d'autres ébénistes de l'île-du-Prince-Édouard. Marie Elwood examine quant à elle le rôle de l'apprentissage dans la production de la famille Holder, de Halifax.

6 Les chercheurs ne s'intéressent pas uniquement à l'histoire de l'artisanat, mais aussi à l'esthétique, comme le montre l'étude de Thomas Lackey sur les motifs, tant peints que sculptés, dont les colons allemands du comté de Lunenburg ornaient les meubles qu'ils fabriquaient. Deux communications présentées au colloque sont exclues de la présente publication pour avoir été déjà publiées ailleurs. Il s'agit de «Furniture Makers of Colchester County», de Sheila Stevenson (déjà publiée sous le titre Colchester Furniture Makers) et de «Newfoundland Traditional Furniture» , de Walter Peddle, parue dans Bulletin d'histoire de la culture matérielle, n° 11. Les auteurs étudient la production locale dans son ensemble, Stevenson s'arrêtant au contexte et à la survivance, Peddle à la faculté d'adaptation et d'invention.

7 Deux communications ont trait à l'histoire sociale: Ken Donovan examine la vie familiale et les conditions d'existence à Louisbourg, et Carol Whitfield, l'évolution de la vie de caserne au Ⅹe siècle. Charles Foss, de son côté, donne une idée générale de ce qui se faisait au ⅪⅩe siècle, en particulier au Nouveau-Brunswick, en décoration intérieure. Enfin, Cora Greenaway étudie les rares peintures murales qui ont survécu en Nouvelle-Ecosse et les situe dans leur contexte nord-américain.

8 Nous avions envisagé l'étude de la maison acadienne, qui devait réunir les champs d'intérêt des différentes disciplines; à notre grand regret, il a fallu l'annuler à la dernière minute, ce qui constitue une lacune assez grave pour notre revue de la région. Ce manque doit cependant nous rappeler que le colloque n'était qu'un début. Nous espérons que ces articles inciteront d'autres chercheurs à travailler en vue d'arriver à une synthèse de ces diverses études, et souhaitons que d'autres parties du Canada abordent les mêmes sujets.

Neil V. Rosenberg
Shane O'Dea

9 The papers in this special issue of the Material History Bulletin are the product of a colloquium held by the Atlantic Canada Institute in St. John's, Newfoundland, in September 1981. It could not have been held without the generous support of the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada and the National Museums of Canada; we hereby express our gratitude to these institutions for their help.

10 This was the second Atlantic Canada Institute Colloquium. The first, a colloquium on the literature of the Atlantic Provinces was held in 1976 at the Saint John campus of the University of New Brunswick. The papers from that event were published as Atlantic Provinces Colloquium Papers! Communications du colloque sur la littérature des provinces Atlantiques, ed. Kenneth Mackinnon (Halifax: Atlantic Canada Institute, 1977). In his introduction to that volume, the first of the institute's Marco Polo Papers (this is the second), William Prouty pointed out that "the primary aim of the Atlantic Canada Institute is to stimulate an interest in the rich and varied cultural diversity that exists in the Atlantic Provinces" (ix). The institute has done this through its annual summer schools, which offer non-credit programmes in a great variety of regional topics, conducted by noted specialists in their fields (a number are represented in the present volume), and directed to the general public as well as those with special interests. However, from time to time the institute organizes more specialized events, such as this colloquium, to focus upon research in a topic hitherto neglected within the region.

11 The theme of this colloquium grew out of a realization that many of the region's academics, museologists, collectors, antiquarians, and folklorists had been the studying the Atlantic Canadian home for over a dozen years but had never had the opportunity of seeing their work in the context of the whole house nor in the context of the region. The colloquium was not concerned with architecture but rather with the internal spaces and the objects and occasions that filled those spaces. It was felt that architecture — architecture as exterior — was receiving sufficient attention in the region and that the interior of buildings, as an academic topic and as a matter of preservation priority, was being neglected. And when the relationship of interiors and exteriors to the patterns of material culture is considered, it becomes apparent that there is an important distinction to be made between the two as manifestations of a culture: the exteriors of our buildings are the statements we make about ourselves — they are our façades — whereas the interiors are ourselves. This is true in the sense that the exteriors are generally exclusive, the interiors inclusive. It is this feature that makes the latter particularly valuable in studying the human dimensions of a national culture.

12 In this lies not only the rationale for the colloquium's topic but also the reason for its diversity. The diversity was sought because it was hoped a useful interaction of knowledge and methodology would result from bringing together people who seldom meet in a common forum. One example of such interaction lies in the relationship between material culture and folk custom. The student of material culture would be interested in a room's function in order to determine its role in the working of the building. But, having determined the function, that is, the primary function, that student would then be satisfied. The sense and use of space within that room and the other than primary functions that occurred in it would not generally be treated by the material culturalist. The papers of Wilfred Wareham (on "times") and Gary Butler (on wakes) make clear the ways in which a kitchen could serve more than a cooking function and the reasons why a parlour could be a forbidding place. In part the distinction here is between daily custom — primary function — and seasonal or extraordinary custom — ancillary function. Other social dimensions are dealt with in Linda Dale's paper on the role of the woman in the Newfoundland house. Shane O'Dea's paper on the fireplace and cooking/heating technology looks at the immediate interrelationship of room form and room function as determined by a changing technology. Gerald Pocius' "Rooms, Objects and Meaning in the Atlantic Canadian Home" brings together the concepts of object, space, and function to provide a synthetic approach to the subject of the Colloquium.

13 The papers on furniture cover the range of indigenous material from vernacular to popular styles, from homemade to craft- or factory-made pieces. The papers on furniture are introduced by Donald Webster's overview of Atlantic Canada and the conditions under which the making of such furniture was possible. This is followed by papers which deal specifically with furniture makers of some importance in their provinces. Tim Dilworth's paper looks at the career of Thomas Nisbet in some considerable detail and distinguishes his work from that of the more famous Nisbets of Fredericton. Irene Rogers takes the work of Mark Butcher of Charlottetown and places in it the context of the work of other Prince Edward Island cabinet-makers. Marie Elwood's paper examines the role of apprenticeship in the work of the Holder family of Halifax.

14 The emphasis is not solely on craft history and the aesthetic is taken into account as well. Thomas Lackey's consideration of the decorative treatment (carved and painted) of the furniture made by the Germanic settlers of Lunenburg County shows this. Two presentations made at the colloquium are not included here because they have previously been published: Sheila Stevenson's "Furniture Makers of Colchester County" (available as Colchester Furniture Makers) and Walter Peddle's "Newfoundland Traditional Furniture" (in Material History Bulletin No. 11). Those presentations took a general look at locally produced furniture: Stevenson considering context and survival; Peddle, adaptation and inventiveness.

15 Social history is dealt with in two papers: Ken Donovan discusses family life and living conditions at Louisbourg and Carol Whitfield the changing conditions of barracks life in the nineteenth century. On the matter of interior decoration as it is commonly understood, the decorative treatment of a room, Charles Foss provides a general look at nineteenth-century practice with a particular focus on New Brunswick. Cora Greenaway's paper looks at the rare survivals of painted rooms in Nova Scotia and puts them in the more general North American context of such work.

16 There was to have been a session on the Acadian house which would have brought all the concerns of the various disciplines into focus, but, to our considerable regret, it was cancelled at the last minute leaving a rather large hole in our look at the region. This stands as a reminder that the colloquium was but a beginning. We hope that these papers will stimulate others to continue working toward the synthesis which their diversity implies. And we look forward to work of a similar nature from other parts of Canada.

Neil V. Rosenberg
Shane O'Dea